TDA/H, mémoire de travail et surcharge cognitive

TDA/H, mémoire de travail et surcharge cognitive

La mémoire de travail

La mémoire de travail est une mémoire à court terme.

C’est un espace de travail mental qui permet de traiter, conserver et retravailler pendant plusieurs secondes des informations nécessaires à l’action en cours ou programmée bientôt.

Une serveuse retient les différents plats d’une commande le temps de rejoindre les cuisines.

Pour garder les informations plus longtemps, il est nécessaire de se les répéter mentalement. Les informations peuvent dès lors être conservées pendant quelques secondes supplémentaires puis à nouveau être réintroduites dans le stock et ainsi de suite.

On vous énonce un numéro de téléphone et vous vous le répétez mentalement le temps de trouver un stylo pour le noter.

Nous utilisons notre mémoire de travail quand :

  • Nous faisons quelque chose qui nécessite de traiter plusieurs informations en même temps : lire un texte en gardant en tête ce qui a déjà été lu, aller chercher quelque chose dans une autre pièce…
  • Nous conservons des informations en tête tout en prêtant attention à un autre stimulus : s’arrêter d’écrire un rapport pour répondre au téléphone puis reprendre l’écriture.
  • Nous transférons une information jugée pertinente dans la mémoire à long terme pour la classer et la stocker : retenir les prénoms de vos collègues.

La mémoire de travail joue un rôle important dans :

  • Les conversations : nous gardons en tête ce que nous avions prévu dire à mesure que nous parlons ou que nous écoutons les autres et nous passons d’une conversation à l’autre sans perdre le fil de nos idées.
  • Le rappel d’intention : nous sommes occupé à une tâche quand nous nous rappelons une autre tâche à réaliser (c’est la mémoire prospective). Nous pouvons nous interrompre pour réaliser cette nouvelle tâche en se souvenant de la première, la garder en tête le temps de terminer celle en cours ou la noter pour ne pas l’oublier.

Les processus cognitifs en jeu :

  • Le processus de mise à jour : capacité à actualiser les informations tout juste mémorisées : vous modifiez la liste de course que vous avez en tête car vous changez d’avis sur un plat que vous vouliez réaliser.
  • Le processus de résistance à l’interférence (inhibition) : capacité à maintenir temporairement les informations en cours de traitement tout en gérant ou inhibant les sources de distraction (liées à l’environnement ou à nos propres pensées) : nous nous souvenons de la fin d’une phrase que nous avions commencé à écrire quand le téléphone a sonné.
  • Le processus de gestion de double tâche (flexibilité mentale) : capacité à répartir de manière flexible notre attention entre deux tâches à réaliser, dont une nécessite un stockage et l’autre un traitement : tout en écoutant le professeur, nous maintenons l’essentiel en mémoire le temps d’en prendre note.

TDA/H et surcharge cognitive

La mémoire de travail ne peut gérer qu’un nombre limité d’informations à la fois (entre 5 et 9).

Elle reçoit l’information, la traite immédiatement et la supprime pour faire place à l’information suivante.

Si un trop grand nombre d’informations demande à être traité en même temps, la mémoire de travail sature : c’est la surcharge cognitive. La tâche en cours ou la mémorisation à long terme échoue.

Les personnes ayant un TDA/H ont très souvent une mémoire de travail saturée.

Les causes de la surcharge cognitive :

  • Un problème de filtre : difficulté à sélectionner les informations qui entrent dans la mémoire de travail entraînant un surplus d’informations indésirables et inutiles (bruits de fonds, mouvements dans le champ vision, etc.).
  • Un problème de tri : difficulté à trier les informations selon leur pertinence et à déterminer ce qu’il faut conserver ou éliminer : les informations non pertinentes ne sont pas supprimées et restent dans la mémoire de travail.
  • Un problème d’hyperactivité mentale : difficulté à inhiber un flot de pensées correspondant à des informations déjà stockées en mémoire et qui resurgissent de façon non désirée, aléatoire et souvent non pertinente.
  • Un problème d’anxiété : difficulté à inhiber des pensées anxieuses parasites et récurrentes liées à la peur d’oublier, d’échouer, d’être jugé ou de se ridiculiser.

Les conséquences de la surcharge cognitive :

  • Prise de décision imparfaite : difficulté à traiter simultanément toutes les informations relatives à une situation faute d’une disponibilité insuffisante de la mémoire de travail. Un ou plusieurs éléments importants sont ignorés au moment de prendre une décision.
  • Égarer des objets et passer beaucoup de temps à les chercher : absence de temps d’arrêt pour noter mentalement l’emplacement inhabituel où un objet est posé. Cette information est chassée de la mémoire de travail par une autre qui capte l’attention avant d’avoir pu être transférée dans la mémoire à long terme.
  • Oublier ce qu’on leur a dit ou certains éléments d’une consigne : l’information n’est pas enregistrée. Lors de consignes multiples, certains éléments sont oubliés ou l’ordre des étapes n’est pas respecté.
  • Lire est souvent pénible : lorsqu’ils ne sont pas captivés par ce qu’ils lisent, les personnes ayant un TDA/H ont souvent leur mémoire de travail saturée par des stimuli non filtrés, ce qui les oblige à relire plusieurs fois le même paragraphe et rend la lecture difficile et rebutante.
  • Difficulté dans les conversations : suivre une conversation animée avec plusieurs interlocuteurs est souvent difficile. Lorsqu’ils parlent, ils peuvent perdre le fil de leurs idées, revenir en arrière, faire de longues digressions.
  • Difficulté dans le rappel d’intention : ils oublient régulièrement ce qu’ils étaient venus faire dans une pièce.
  • Réaliser deux activités en même temps : difficulté à diviser leur attention sur deux tâches.
  • Difficulté à mettre à jour une information : les informations en mémoire ne sont pas toujours actualisées. Une nouvelle information censée remplacer une ancienne  n’est pas enregistrée (par exemple un changement d’horaire pour une réunion).
  • Difficulté à résister à une interférence provenant de l’environnement ou d’une pensée : les sources de distraction leur font perdre le fil de leurs pensées.

Des livres pour aller plus loin

Sources

Degiorgio C., Van den Berge D. et Watelet A., Comprendre la mémoire de travail : http://www.crfna.be/Portals/0/MdTbrochurefinale.pdf.

Gaillac V. et Vera L., Prendre en charge les adultes souffrant de TDAH, Dunod, 2016.

Lopez R. et Roques A., Surmonter le TDAH de l’adulte, Auto-édition, 2018.

 

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